SIA 2018 :« Nous avons pu interpeller le président en direct »

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A l'occasion du SIA 2018, les agriculteurs Franciliens sont venus interpeller le Président de La République, en visite sur le salon. Olivier Georges secrétaire adjoint de la FDSEA 77 était présent et témoigne.

Horizons :  Lors de votre échange très remarqué avec le chef de l'Etat lors de l’action syndicale menée au salon de l’agriculture le samedi 24 février, quel message souhaitiez-vous lui faire passer ?

Olivier George : Avec les agriculteurs d’Ile-de-France présents, nous souhaitions l’interpeller sur le fait que le secteur des grandes cultures est comme les autres secteurs agricoles, il va très mal. Nous voulions également lui rappeler ses promesses électorales et notamment son engagement de ne plus prendre de mesures franco-françaises par rapport aux règles européennes.

Au cours de notre échange, j’ai abordé quatre  grandes thématiques. Première d’entre elles : le glyphosate. Nous souhaitons qu’il soit autorisé tant qu’aucune méthode alternative n’a été trouvée. Le président Macron nous a rejoint sur le fait que 20% des agriculteurs n’auront pas de solution dans trois ans. Par contre, sa comparaison avec la problématique de l’amiante est une ineptie. En effet, une grosse différence existe entre ces deux dossiers : à l’époque un rapport signifiait clairement que l’amiante était  dangeureuse, dans le cas du glyphosate ce n’est pas le cas. Alors qu’il nous expliquait ne vouloir prendre aucun risque pour protéger la population et les salariés agricoles vis-à-vis de ce produit phytosanitaire, j’en ai profité pour rebondir sur un autre sujet d’inquiétude pour notre profession : les accords du Mercosur en lui rappelant que ces accords « permettent de faire entrer du bœuf aux hormones et des céréales OGM sur le territoire européen » et en l’interrogeant : comment interdire ces importations sur le terrain. Sur le sujet, Emmanuel Macron prône plus de contrôles aux frontières de l’Europe et l’adoption de règles environnementales précises afin que les produits non conformes ne puissent pas entrer sur le territoire européen, ce qui est, à mon sens, impossible.

Le volet social a également été évoqué, en particulier l’annulation des sept points de réduction MSA. Si le président reconnaît son erreur, il est trop tard pour 2018.  Pour le restant du quinquennat, il va voir comment diminuer les charges salariales et patronales. J’ai alors bien insisté sur notre nécessité d’avoir une vision à long terme. Nous sommes agriculteurs tout au long de notre vie et non 5 ans.

Concernant le foncier, Emmanuel Macron veut faire en sorte que les terres agricoles ne soient plus achetées par des étrangers et doit consulter les Safer sur le sujet.  Sur le schéma des structures, sa position est claire « vous n’êtes pas tous d’accord sur le sujet, il faudra vous y mettre ». Si j’ai évité de rentrer dans la polémique, je propose de faire de l’Ile-de-France une région pilote sur ce sujet. Nous avons également échangé sur ce sujet avec sa conseillère agricole et le ministre de l’Agriculture présent à ses côtés.

 

Horizons : Avec le recul, que retenez-vous de cette action syndicale ?

Olivier George : Alors que nous étions présent avec des sifflets pour manifester notre mécontentement, Emmanuel Macron a été dans un premier temps très en colère. Droit dans les yeux,  il nous a dit qu’il n’aimait pas qu’on le siffle dans son dos.  Dans un second temps, la discussion s’est engagée. Je ne regrette aucunement cette action qui nous as permis d’interpeller le président en direct et devant les médias qui ont enregistré ses paroles.

 

Horizons : Très impliqué dans le dossier de l'Arc de Dierrey ces dernières années, où en est-on actuellement ?

Olivier George : Il subsiste quelques problèmes de drainages en dix-sept endroits et la reprise du tube suite à une anomalie lors de la pose. Les travaux vont être réalisés de courant juin à mi-août (avant les semis de colza). L’objectif est qu’ils soient réalisés dans les meilleures conditions possibles.

Sur le passage de la canalisation et les emprises, des marquages subsistent sur les passages d’engins et les sites de stockage de la terre. Le sol matraqué est tassé, l’eau a du mal à descendre et les cultures sont à la peine. Concernant le suivi agronomique post-travaux, les premières estimations montrent des pertes de récoltes. De nombreuses années seront nécessaires pour que le sol oubli le passage de la canalisation.

 

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