Média et agriculture : réagissons et voyons offensifs

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Horizons : Le mardi 29 mai, vous présiderez votre première assemblée générale de la FDSEA 77. Au cours des douze derniers mois, quelles sont les grandes avancées à mettre au crédit du syndicalisme majoritaire ?

Cyrille Milard : Sous l'impulsion de notre syndicat, les aides et les compléments du conseil départemental et de la chambre d'Agriculture et celles de la Région Ile-de-France en faveur des exploitations ont été versées offrant un soutien aux trésoreries compliquées. 

Nous avons enfin abouti sur une carte définitive clarifiant les cours d'eau dans le département, sortant une partie des fossés de drainage et donnant ainsi l'assurance aux agriculteurs de les entretenir librement et surtout l'opportunité de clarifier la réglementation BCAE.

Nous avons négocié un arrêté ZNT (zone de non-traitement) afin d'éviter la sortie de la production de milliers d'hectares le long d'habitation. Si la protection des personnes sensibles doit être l'affaire de tous, ne tombons pas dans l'excès des marchants de peur.

Nous nous sommes mobilisés largement sur la question du devenir du glyphosate et plus largement sur la préservation de nos moyens de production avec un leitmotiv : pas d'interdiction sans alternative efficace. Notre compétitivité est sans cesse remise en cause, nous avons donc fait des propositions au gouvernement car le pragmatisme doit dépasser les postures idéologiques.

D’autre part, la naissance de notre chambre d'Agriculture de région IIe-de-France aura été le fruit d'un long travail de vos représentants agricoles afin d’avoir une envergure régionale garante d'une meilleure efficience des services et d'un point politique marqué face aux instances.

Enfin, les inondations de cet hiver ont fait beaucoup de dégâts dans les parcelles. Nous avons agi pour que chacun prenne enfin ses responsabilités, en interpellant les gestionnaires des grands lacs, voie navigable de France, les préfets, les conseils départementaux et régionaux et enfin la ville de Paris. Ce dossier est en cours pour, je l'espère, aboutir à un fond d'indemnisation à la hauteur des enjeux et de la détresse des exploitations touchées. 

 

Horizons : Il y a un an, le président Macron était élu sur un programme qui voulait libérer les carcans et favoriser la liberté d’entreprendre. Qu’en reste-il aujourd’hui en agriculture ?

Cyrille Milard : Rien! De son discours au congrès de la FNSEA en 2017 au bilan de sa première année au pouvoir, difficile de retenir un élément positif.

Promesses non-tenues Monsieur  le Président!

La grande braderie agricole bat son plein, entre politique de décroissance et attaques en règle sur nos moyens de production, la liste est longue.

Des sur-transpositions, des coupes budgétaires, des prélèvements supplémentaires, des interdictions sans alternative, une complexité administrative sans nom, des réglementations toujours plus contraignantes, des charges en augmentations, des accords de libre-échange distorsifs au risque d'anéantir nos filiéres d'excellence… voilà à quoi ressemble la politique agricole de la France.

Au mieux une désillusion pour ceux qui ont cru en lui, au pire une tromperie pour les autres.

Le président Macron se sert de l'agriculture comme monnaie d'échange pour sa politique internationale. Nous attendons autre chose de sa part. Dommage qu'il n'ait pas compris l'intérêt géopolitique de l'agriculture, que celle-ci  est une solution et non un problème, que la vitalité de notre ruralité en dépend... nous avons besoin d'une vraie ambition politique agricole pour notre pays, il faut faire vite.

 

Horizons : Le thème de la communication sera à l’honneur lors d’une table ronde …

Cyrille Milard : "Média et agriculture": pourquoi me direz-vous? Juste un chiffre : cinquante-sept.  C’est le nombre d’émissions à charge en 2017 contre notre agriculture -remise en cause de notre modèle, attaque sur nos pratiques, l'agriculture responsable du réchauffement climatique, des pollutions, de la disparition des abeilles et récemment des oiseaux et même des inondations.

Ces fausses informations, ces rumeurs, ces affabulations sont propagées par des émissions polémiques sans droit de réponse, par des articles de presse sans fondement scientifique... sans vérité et par des réseaux sociaux toujours plus réactifs.

Notre profession est abasourdie par tant d'attaques et nous sommes toujours en réaction de façon défensive.

Nous avons besoin d'analyser les causes et surtout d'en trouver les remèdes.

Il nous faut réagir et être offensif.

Avec l'aide de nos invités, Eric Brunet, journaliste RMC,  adepte des débats et des talks show, et Christiane Lambert habituée à la communication sur ces sujets difficiles, nous aurons à coeur d'écouter leurs échanges et de trouver ensemble les pistes pour reprendre la communication à notre avantage.

 

Horizons : Pourquoi est-ce important que les adhérents se mobilisent fortement lors de l’assemblée générale de la FDSEA 77 ?

Cyrille Milard : Dans un contexte lourd comme celui qui entoure notre agriculture, la force d'un réseau se caractérise par sa capacité aux travers de ses représentants à faire bouger les lignes mais aussi par l'adhésion qu'elle emporte.

L'assemblée générale de votre FDSEA 77 est le moment où l'écoute de nos politiques, de nos représentants nationaux et de l'Etat est exacerbée. Profiter de ce temps pour faire passer nos messages et nos revendications est essentiel.

Une forte mobilisation des adhérents permettra de montrer notre détermination à croire en notre beau métier, à vouloir relever les défis de demain et à imposer nos idées collectivement. Je compte sur chacun d'entre vous pour venir nombreux.

 

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